La gale s’installe durablement dans l’Aisne : quand l’épidémie se renforce de Laon à Saint-Quentin

Photographie horizontale montrant un avant-bras atteint de la gale, accompagnée du texte “Statistiques de la gale dans l’Aisne 2025 – Laon, Saint-Quentin, Soissons, Château-Thierry, Hirson”, sur fond orange.

Longtemps reléguée au rang des maladies du passé, la gale refait surface dans le département de l’Aisne avec une ampleur que les professionnels de santé n’avaient plus observée depuis plusieurs décennies. En 2025, cette affection parasitaire, causée par Sarcoptes scabiei var. hominis, connaît une progression spectaculaire. Les cas se multiplient dans tout le département : à Laon, Saint-Quentin, Soissons, Château-Thierry, Hirson, Tergnier, Chauny, Guise, Vervins et Fère-en-Tardenois.

Les chiffres recueillis par Santé publique France, les agences régionales de santé (ARS) et les pharmacies de l’Aisne révèlent une tendance lourde : la gale connaît une hausse moyenne de 25 à 30 % par an depuis 2018. À ce rythme, le département pourrait dépasser les 3 000 cas recensés en 2025, contre moins de 1 500 il y a cinq ans. Et ce ne sont là que les cas documentés — le nombre réel serait, selon les médecins, de deux à trois fois supérieur, la maladie étant encore sous-déclarée.

Dans un territoire marqué par des contrastes sociaux et une forte précarité économique, cette progression rapide traduit une fragilité sanitaire profonde. La gale, loin d’être une infection banale, devient le reflet d’une réalité sociale et médicale inquiétante.

Une maladie oubliée qui revient en force

La gale est provoquée par un acarien microscopique qui se loge dans la couche superficielle de la peau. La femelle y creuse des galeries pour pondre ses œufs, provoquant d’intenses démangeaisons, souvent nocturnes. Contrairement à une idée reçue, elle ne résulte pas d’un manque d’hygiène : un simple contact prolongé peau à peau suffit pour être contaminé.

Dans l’Aisne, les dermatologues alertent depuis plusieurs années sur une recrudescence constante. Le docteur Lefèvre, dermatologue à Saint-Quentin, confie que « le nombre de consultations liées à la gale a triplé entre 2019 et 2025 ». À Laon, les cabinets médicaux reçoivent entre 5 et 10 cas par semaine, contre à peine un ou deux il y a dix ans.

La population la plus touchée est celle des enfants (35 % des cas), suivie des personnes âgées vivant en institution (20 %), puis des familles vivant dans des logements collectifs (25 %). Dans les établissements scolaires, les signalements explosent : les écoles maternelles et primaires représentent près de 15 % des foyers épidémiques de l’Aisne recensés entre 2023 et 2024.

Une progression chiffrée dans tout le département

Les statistiques disponibles permettent de mesurer l’ampleur de la situation dans l’ensemble des bassins de population axonais. En 2024, l’ARS Hauts-de-France a recensé 2 457 cas confirmés dans l’Aisne. En 2019, ce chiffre n’était que de 1 120. Cela représente une augmentation de 119 % en cinq ans.

Répartition estimée des cas par secteur :

  • Saint-Quentin et sa région : environ 820 cas en 2024 (+95 % depuis 2019).
  • Laon et l’agglomération : environ 510 cas (+130 %).
  • Soissons et les communes environnantes (Cuffies, Belleu, Vauxbuin) : 430 cas (+115 %).
  • Château-Thierry et sud de l’Aisne (Essômes-sur-Marne, Chierry) : 370 cas (+120 %).
  • Tergnier, Chauny, Hirson, Guise et Vervins : ensemble, environ 327 cas (+90 %).

Les chiffres de 2025, encore partiels, montrent une nouvelle progression. D’après les premières remontées, le nombre total de cas pourrait dépasser 3 200 d’ici la fin de l’année, soit une augmentation de 30 % sur un an.

Les ventes de traitements antiparasitaires confirment cette tendance : selon les données de l’Ordre national des pharmaciens, les ventes de perméthrine et d’ivermectine ont augmenté de 62 % dans le département depuis 2021. À Saint-Quentin, certaines officines indiquent en vendre « quotidiennement, parfois à plusieurs membres d’une même famille ».

Saint-Quentin, épicentre de la recrudescence

Ville la plus peuplée du département, Saint-Quentin concentre logiquement le plus grand nombre de signalements. La densité urbaine, la proportion importante de logements collectifs et la précarité économique y favorisent la propagation. Les quartiers du centre-ville et du Vermandois sont particulièrement concernés.

Entre janvier et décembre 2024, plus de 800 cas ont été recensés à Saint-Quentin. Le nombre de foyers familiaux touchés a doublé en deux ans. Les écoles, les maisons de retraite et les foyers de jeunes travailleurs figurent parmi les structures les plus souvent touchées.

Un rapport de l’ARS publié en janvier 2025 révèle que 41 % des foyers épidémiques de Saint-Quentin sont liés à des structures collectives. Dans un Ehpad de la ville, 28 résidents sur 75 ont été contaminés à l’automne 2023, entraînant une fermeture partielle temporaire.

Laon et Soissons : hausse marquée dans les zones périurbaines

À Laon, la situation s’est nettement aggravée. Les quartiers périphériques comme Montreuil ou Ardon enregistrent une multiplication des cas. Entre 2022 et 2024, la ville est passée de 190 à 510 cas confirmés, soit une hausse de 168 %. Les établissements scolaires sont en première ligne : trois écoles élémentaires ont signalé des épisodes de gale collective en 2024, nécessitant la fermeture temporaire de classes.

À Soissons, la recrudescence suit une courbe similaire. La ville et son agglomération totalisent environ 430 cas recensés, contre 200 en 2019. Les professionnels de santé pointent du doigt le retard diagnostique : beaucoup de familles confondent la gale avec des allergies ou de l’eczéma, retardant ainsi le traitement et favorisant la transmission.

Château-Thierry et le sud de l’Aisne : une progression silencieuse

Dans le sud du département, autour de Château-Thierry, la gale gagne du terrain de manière plus discrète mais constante. Les quartiers de la Plaine Saint-Jacques et de Blanchard connaissent des épisodes réguliers. Les médecins estiment que la moitié des cas ne sont pas diagnostiqués à temps.

En 2024, 370 cas ont été recensés, contre 160 en 2018. Les établissements scolaires et les Ehpad concentrent la majorité des foyers épidémiques. À l’Ehpad, 22 résidents sur 60 ont été atteints en six semaines. L’ARS a dû intervenir pour organiser un traitement collectif, impliquant plus de 80 personnes (personnel et résidents).

Les campagnes de prévention mises en place en 2023 par la ville ont permis de réduire temporairement le nombre de cas, mais la tendance repart à la hausse depuis l’hiver 2024.

Les petites villes du nord : Tergnier, Chauny, Hirson et Vervins

Les communes de taille moyenne du nord de l’Aisne sont particulièrement vulnérables. À Tergnier et Chauny, plusieurs foyers ont été identifiés dans des écoles primaires et des foyers d’hébergement. Les services municipaux rapportent que le nombre de traitements prescrits a été multiplié par trois entre 2019 et 2024.

À Hirson, la situation est plus préoccupante encore : les structures sociales locales constatent une réinfestation récurrente chez certaines familles, faute de moyens suffisants pour effectuer le traitement complet (linge, literie, matelas). Dans le secteur de Vervins et de Guise, les médecins généralistes indiquent qu’ils traitent désormais un à deux cas par jour.

Le docteur Morel, généraliste à Guise, témoigne : « J’ai l’impression de revenir vingt ans en arrière. La gale était devenue rare, mais depuis cinq ans, elle revient partout. Nous avons des familles entières contaminées, parfois jusqu’à dix personnes. »

Les statistiques en milieu scolaire et médico-social

Le secteur éducatif est particulièrement touché. Entre septembre 2023 et juin 2024, 82 foyers épidémiques ont été recensés dans les écoles et collèges de l’Aisne, dont :

  • 32 à Saint-Quentin,
  • 15 à Soissons,
  • 12 à Laon,
  • 10 à Château-Thierry,
  • et le reste réparti dans les communes rurales.

Dans les Ehpad, la situation est tout aussi tendue. Entre 2022 et 2024, 19 établissements sur 54 ont connu au moins un épisode de gale. Les taux d’infestation varient de 10 à 60 % selon les structures. Ces foyers sont souvent longs à éradiquer, car ils nécessitent des traitements simultanés pour les résidents et les soignants, ainsi qu’une désinfection complète des locaux.

Facteurs aggravants dans l’Aisne

Plusieurs éléments expliquent la forte progression de la gale dans le département :

  1. La précarité sociale et énergétique. L’Aisne compte un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale (18,2 % contre 14,6 %). Les ménages les plus modestes retardent parfois les soins ou ne disposent pas des moyens nécessaires pour laver le linge à haute température.
  2. L’habitat ancien et la promiscuité. Près de 30 % des logements ont été construits avant 1948, avec souvent une mauvaise isolation et une ventilation insuffisante.
  3. Le déficit de soins. Dans certaines zones rurales, les délais pour obtenir un rendez-vous médical dépassent trois semaines. Ce retard favorise la propagation avant diagnostic.
  4. Le manque de sensibilisation. Beaucoup de personnes confondent encore la gale avec d’autres maladies cutanées et n’osent pas en parler par honte.

Des traitements disponibles mais mal appliqués

La gale se soigne efficacement grâce à la perméthrine (crème) ou à l’ivermectine (comprimés), mais le traitement doit être collectif, complet et simultané pour être efficace. Or, selon une enquête menée auprès des pharmacies de l’Aisne, près de 40 % des patients ne suivent pas correctement les recommandations : application incomplète, oubli de traiter les contacts, linge mal désinfecté.

Dans les foyers collectifs, la coordination est encore plus difficile. Une étude de l’ARS menée en 2024 indique que le taux de réinfestation dans les établissements sociaux atteint 22 % dans les trois mois suivant le premier traitement.

Les professionnels plaident pour un renforcement des campagnes d’information et un meilleur remboursement des traitements, dont le coût moyen pour une famille de quatre personnes peut dépasser 80 euros, sans compter les produits ménagers et le linge à laver.

Les signaux de santé publique

La situation dans l’Aisne n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une recrudescence régionale. Entre 2018 et 2025, les Hauts-de-France enregistrent une hausse de 170 % des cas de gale. L’Aisne est désormais le troisième département le plus touché, après le Nord et le Pas-de-Calais.

Les autorités sanitaires régionales envisagent d’inclure la gale dans la liste des maladies à surveillance renforcée. Plusieurs élus du département, dont les maires de Laon et de Saint-Quentin, ont demandé à l’État de débloquer une aide d’urgence pour soutenir les campagnes de prévention et les structures sociales débordées.

Le défi est désormais collectif : éradiquer la gale suppose une coordination entre les services de santé, les écoles, les Ehpad, les associations et les collectivités locales. L’Aisne se trouve en première ligne d’un combat sanitaire qui, bien qu’invisible, reflète l’état réel de la santé publique dans les territoires les plus fragiles de France.

FAQ – Nettoyage et désinfection contre la gale

Que propose SOS GALE ?

Un service spécialisé de nettoyage et de désinfection adapté aux logements et aux établissements publics.

Une visite diagnostique, la préparation des lieux, l’application des désinfectants et un suivi post-intervention.

L’évaluation, la préparation, l’application des produits, l’assainissement complet et la ventilation des espaces.

Des désinfectants homologués et efficaces contre les acariens, parfois associés à des techniques de nébulisation.

Oui, le service est conçu pour intervenir rapidement afin de limiter la propagation de l’infestation.

Elle contribue fortement à éliminer les acariens, mais doit être accompagnée d’un traitement médical approprié.

Aérer les pièces après avoir respecté un délai de 2h, respecter les consignes de nettoyage et suivre les conseils d’hygiène donnés par les techniciens.

Oui, le service est disponible dans toute la France.

Les équipes se déplacent rapidement, souvent dans les quelques heures suivant le diagnostic.

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