La gale s’étend dans le Pas-de-Calais : alerte sanitaire de Calais à Béthune

Carte colorée du Pas-de-Calais montrant les principales villes touchées par la gale : Calais, Boulogne-sur-Mer, Saint-Omer, Arras, Lens et Cambrai.

La gale, maladie de peau longtemps associée à la pauvreté et à l’insalubrité, refait surface dans le Pas-de-Calais avec une ampleur inquiétante. Ce parasite microscopique, Sarcoptes scabiei var. hominis, creuse des galeries sous la peau, provoquant de fortes démangeaisons et une gêne persistante. Si elle n’est pas dangereuse, cette affection est hautement contagieuse. Aujourd’hui, les médecins, dermatologues et pharmaciens du Pas-de-Calais tirent la sonnette d’alarme : les cas se multiplient dans tout le département, de Calais à Boulogne-sur-Mer, de Saint-Omer à Lens, de Arras à Béthune, et jusque dans les villes du Ternois et de l’Artois comme Saint-Pol-sur-Ternoise ou Bapaume.

Les statistiques de Santé publique France et les données des pharmacies régionales montrent une hausse constante du nombre de cas depuis 2018. Le Pas-de-Calais, département déjà confronté à d’importants enjeux de santé publique, fait désormais partie des zones françaises les plus touchées par la gale.

Une maladie ancienne, mais de retour

Connue depuis l’Antiquité, la gale semblait en voie de disparition dans les pays développés. Pourtant, les conditions sociales, la promiscuité et les difficultés d’accès aux soins favorisent sa résurgence. Dans le Pas-de-Calais, le phénomène n’est pas isolé : il s’inscrit dans une tendance nationale, avec des foyers épidémiques dans les Hauts-de-France, notamment dans le Nord et la Somme.

La gale se propage principalement par contact direct prolongé. Ainsi, les milieux collectifs – crèches, écoles, internats, maisons de retraite, hôpitaux – constituent des lieux à haut risque. Une simple poignée de main ne suffit pas à la transmission, mais le partage de linge, de draps ou de vêtements contaminés peut être à l’origine d’une épidémie familiale ou institutionnelle.

Dans les villes du littoral comme Calais, Marck, Coquelles ou Sangatte, plusieurs établissements d’accueil d’urgence et foyers sociaux signalent depuis deux ans une multiplication des cas. Les associations caritatives, en contact avec les personnes sans-abri, font état de situations récurrentes, souvent difficiles à éradiquer par manque de moyens ou d’hébergement stable.

Les chiffres en hausse dans tout le département

Selon les estimations des dermatologues et des pharmaciens du Pas-de-Calais, les cas de gale auraient augmenté de près de 30 % entre 2020 et 2024. Les zones les plus touchées sont celles à forte densité urbaine, mais le phénomène s’étend aussi dans les petites communes.

  • Calais et le littoral : environ 400 cas recensés en 2024, avec une forte concentration dans les structures d’accueil et les foyers.
  • Boulogne-sur-Mer, Outreau, Le Portel, Wimereux : près de 350 cas estimés, souvent en lien avec des épisodes collectifs dans les écoles et Ehpad.
  • Saint-Omer, Longuenesse, Arques, Lumbres : environ 250 cas signalés, en hausse de 40 % sur cinq ans.
  • Béthune, Bruay-la-Buissière, Noeux-les-Mines : plus de 500 cas par an, principalement dans les quartiers à forte densité et les établissements scolaires.
  • Lens, Liévin, Hénin-Beaumont, Carvin : environ 600 cas cumulés, un chiffre en constante augmentation depuis la pandémie de Covid-19.
  • Arras, Saint-Laurent-Blangy, Dainville, Achicourt : près de 300 cas recensés, notamment dans les foyers étudiants et les logements collectifs.

Ces chiffres, bien qu’imparfaits, illustrent une réalité préoccupante : la gale circule de manière endémique dans le Pas-de-Calais. Beaucoup de cas ne sont pas déclarés, faute de consultation médicale ou par crainte de la stigmatisation.

Calais et Boulogne-sur-Mer : le littoral en première ligne

Sur la côte, les professionnels de santé sont unanimes : la gale s’installe durablement. À Calais, les services municipaux de santé enregistrent plusieurs signalements par mois. Les structures d’accueil d’urgence, souvent saturées, peinent à mettre en place des protocoles de désinfection efficaces. À Boulogne-sur-Mer, les médecins des quartiers du Chemin Vert ou du Dernier Sou formulent le même constat : la maladie touche toutes les catégories sociales, des familles modestes aux étudiants.

Les conditions climatiques du littoral – humidité, températures modérées – permettent à l’acarien de survivre plus longtemps hors du corps humain, favorisant la transmission indirecte. De plus, le passage fréquent de travailleurs saisonniers et de migrants accentue la mobilité du parasite.

Lens, Liévin, Béthune : le cœur du bassin minier touché

Le bassin minier, déjà confronté à des difficultés économiques et à des problèmes de santé chroniques, n’échappe pas à la recrudescence de la gale. À Lens, Liévin et Hénin-Beaumont, les médecins généralistes signalent une hausse continue des cas depuis 2020. Le manque de logement individuel, les conditions de promiscuité et la vétusté de certaines habitations favorisent la propagation.

À Béthune et Bruay-la-Buissière, la situation est similaire. Les écoles primaires et collèges ont dû mettre en œuvre des campagnes d’information pour expliquer les gestes de prévention : lavage du linge à 60 °C, traitement simultané de toute la famille, désinfection des literies et canapés. Les pharmacies locales rapportent une explosion de la demande en perméthrine et ivermectine, les deux traitements de référence.

Arras et l’Artois : la gale gagne les milieux étudiants

À Arras, où se trouvent plusieurs résidences universitaires et établissements d’enseignement supérieur, les services de santé constatent une augmentation notable des cas chez les jeunes adultes. Les internats et les colocs favorisent la contagion : un seul cas non traité correctement peut contaminer plusieurs personnes en quelques jours. Les autorités sanitaires rappellent que la gale n’a rien à voir avec un manque d’hygiène, mais avec la durée et la proximité des contacts.

Les communes voisines comme Saint-Laurent-Blangy, Achicourt, Beaurains ou Tilloy-lès-Mofflaines signalent elles aussi des épisodes isolés. Les structures d’accueil pour demandeurs d’emploi ou foyers de jeunes travailleurs y sont régulièrement touchées.

Saint-Omer, le Ternois et les zones rurales

Dans l’ouest du département, à Saint-Omer, Arques, Longuenesse et Lumbres, la gale progresse discrètement mais sûrement. Les médecins de campagne observent une multiplication des cas familiaux, souvent liés à des contaminations scolaires. Plus au sud, dans le Ternois, autour de Saint-Pol-sur-Ternoise, Hesdin et Frévent, les foyers ruraux ne sont pas épargnés.

Les zones rurales, où l’accès aux soins est plus limité, connaissent un retard diagnostique qui permet à la maladie de s’installer. De plus, la faible rotation des textiles dans les foyers et l’absence de machines à laver performantes dans certaines habitations compliquent la désinfection du linge, élément crucial du traitement.

Les facteurs de la recrudescence

Plusieurs causes expliquent la montée des cas dans le Pas-de-Calais. D’abord, la promiscuité des logements anciens et parfois insalubres, héritage du passé industriel du département. Ensuite, la précarité : de nombreuses familles doivent choisir entre se soigner et d’autres dépenses essentielles. Enfin, la méconnaissance de la maladie : beaucoup pensent encore que la gale résulte d’un manque d’hygiène, ce qui retarde la consultation et le traitement.

Les professionnels de santé déplorent également la difficulté d’obtenir une prise en charge coordonnée : il faut traiter simultanément tous les membres d’un foyer, désinfecter le linge et nettoyer les habitations. La moindre erreur de protocole entraîne souvent une réinfestation.

Une approche collective nécessaire

Face à cette situation, les autorités régionales de santé encouragent une stratégie collective. Des campagnes d’information ont été menées à Calais, Boulogne, Lens, Béthune et Arras, avec des distributions de dépliants et la formation du personnel scolaire et hospitalier. Certaines communes expérimentent des opérations de dépistage dans les Ehpad et les foyers sociaux.

Les associations locales, comme celles présentes à Saint-Omer, Liévin ou Carvin, demandent un meilleur remboursement des traitements et un accompagnement social renforcé. Selon elles, la gale est un révélateur des inégalités persistantes dans le Pas-de-Calais.

Conclusion : une maladie à ne plus négliger

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : la gale gagne du terrain dans le Pas-de-Calais. De Calais à Boulogne, de Lens à Béthune, de Arras à Saint-Omer, aucun territoire n’est totalement épargné. Cette réapparition montre que les maladies dites “du passé” peuvent ressurgir dès que les conditions sociales et économiques le permettent.

La prévention, la sensibilisation et la coordination entre acteurs de santé sont les seules armes efficaces contre cette infection. Tant que la honte et la méconnaissance persisteront, la gale continuera de se propager. Le Pas-de-Calais, à l’image du Nord, doit faire de cette lutte une priorité sanitaire — car si la gale n’est pas mortelle, elle est le reflet vivant des fragilités sociales d’un territoire.

FAQ – Nettoyage et désinfection contre la gale

Que propose SOS GALE ?

Un service spécialisé de nettoyage et de désinfection adapté aux logements et aux établissements publics.

Une visite diagnostique, la préparation des lieux, l’application des désinfectants et un suivi post-intervention.

L’évaluation, la préparation, l’application des produits, l’assainissement complet et la ventilation des espaces.

Des désinfectants homologués et efficaces contre les acariens, parfois associés à des techniques de nébulisation.

Oui, le service est conçu pour intervenir rapidement afin de limiter la propagation de l’infestation.

Elle contribue fortement à éliminer les acariens, mais doit être accompagnée d’un traitement médical approprié.

Aérer les pièces après avoir respecté un délai de 2h, respecter les consignes de nettoyage et suivre les conseils d’hygiène donnés par les techniciens.

Oui, le service est disponible dans toute la France.

Les équipes se déplacent rapidement, souvent dans les quelques heures suivant le diagnostic.

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