Explosion des cas de gale dans la Somme : une épidémie silencieuse gagne Amiens et tout le département

Affiche colorée présentant le titre “Statistiques de la gale dans la Somme” et la liste des villes touchées : Amiens, Abbeville, Albert, Montdidier, Ham, Doullens, Péronne, Roye et Moreuil.

La gale, affection cutanée provoquée par un minuscule acarien, connaît une recrudescence inquiétante dans la Somme. Cette maladie, que beaucoup pensaient éradiquée, réapparaît avec force dans les villes d’Amiens, Abbeville, Albert, Péronne, Montdidier, Roye et Doullens. Les médecins, les hôpitaux et les pharmaciens du département tirent la sonnette d’alarme : les consultations pour gale se multiplient, les ventes de traitements explosent, et les foyers de contamination s’enchaînent dans les écoles, les crèches, les Ehpad et même les entreprises.

Selon les données recueillies par Santé publique France et les observatoires régionaux, la Somme fait désormais partie des zones les plus touchées des Hauts-de-France, juste derrière le Nord et le Pas-de-Calais. Ce phénomène, longtemps sous-estimé, révèle une épidémie silencieuse, diffuse, mais persistante, qui touche tous les milieux sociaux.

Une maladie redoutée mais mal connue

La gale est causée par Sarcoptes scabiei var. hominis, un acarien microscopique qui creuse des galeries dans la peau pour pondre ses œufs. Ce processus provoque une réaction inflammatoire et d’intenses démangeaisons, particulièrement la nuit. Contrairement aux idées reçues, la gale n’est pas liée au manque d’hygiène : il suffit d’un contact prolongé peau à peau pour être contaminé.

Les dermatologues amiénois notent une augmentation constante du nombre de cas depuis 2019. Le docteur Lemoine, installé à Amiens-sud, estime avoir vu « trois fois plus de patients atteints de gale en cinq ans ». À Abbeville, les services hospitaliers ont également observé une multiplication des épisodes collectifs dans les Ehpad. Les zones rurales ne sont pas épargnées : à Péronne, Roye et Montdidier, les médecins de campagne reçoivent de plus en plus de familles touchées.

Les chiffres en forte progression dans la Somme

Même si la gale n’est pas une maladie à déclaration obligatoire, les données disponibles permettent d’établir une tendance claire. En 2024, les professionnels estiment entre 1 800 et 2 000 cas dans le département, contre environ 1 000 en 2019. Les zones les plus concernées sont les agglomérations d’Amiens et d’Abbeville, suivies des secteurs d’Albert, Roye et Péronne.

  • Amiens Métropole (Amiens, Longueau, Rivery, Salouël, Camon) : environ 900 cas estimés en 2024.
  • Abbeville et la Baie de Somme (Saint-Valery-sur-Somme, Le Crotoy, Friville-Escarbotin) : environ 350 cas recensés.
  • Albert, Bray-sur-Somme et Doullens : environ 200 cas, souvent liés à des foyers familiaux.
  • Montdidier, Roye et Ham : plus de 150 cas cumulés, principalement dans les internats et les foyers de jeunes travailleurs.

Ces chiffres sont probablement en dessous de la réalité : les cas bénins ne sont pas toujours signalés, et certaines personnes n’osent pas consulter par peur d’être jugées.

Amiens, foyer principal de la gale dans la Somme

La ville d’Amiens concentre une grande partie des signalements. Les quartiers nord et sud, plus densément peuplés, sont particulièrement concernés. Des cas ont été détectés dans plusieurs écoles primaires, collèges, crèches et résidences étudiantes. La direction de la santé municipale confirme une « hausse constante » depuis trois ans et évoque plusieurs épisodes collectifs dans les établissements scolaires.

Les pharmaciens d’Amiens observent la même tendance : les ventes de traitements à base de perméthrine et d’ivermectine ont augmenté de près de 45 % en deux ans. Certains patients reviennent plusieurs fois, signe que les traitements ne sont pas toujours appliqués correctement ou que les contacts n’ont pas tous été traités simultanément.

Abbeville et la Baie de Somme : la maladie gagne le littoral

Dans le secteur d’Abbeville, la gale touche aussi bien les familles que les structures collectives. Plusieurs Ehpad de la région d’Abbeville et de Saint-Valery-sur-Somme ont connu des foyers successifs en 2023 et 2024. À Friville-Escarbotin, la situation est similaire, notamment dans les foyers d’accueil pour adultes handicapés.

Les médecins généralistes de la Baie de Somme notent que les cas augmentent à chaque hiver. Les périodes froides, où les contacts rapprochés sont plus fréquents, favorisent la propagation. Le climat humide et tempéré du littoral permet également à l’acarien de survivre plus longtemps hors du corps humain.

Les communes rurales ne sont pas épargnées

Dans les zones rurales de la Somme, notamment autour de Doullens, Albert, Roye, Ham ou Montdidier, la gale se propage discrètement mais régulièrement. Les médecins de campagne observent des contaminations au sein de familles entières. Dans certains cas, le manque d’accès aux soins ou les délais pour obtenir un rendez-vous retardent la prise en charge.

Les internats et les foyers d’hébergement, fréquents dans ces secteurs, constituent des environnements propices à la contagion. Une étude régionale menée en 2024 par l’Agence régionale de santé (ARS) montre que 40 % des cas collectifs détectés dans la Somme concernent des établissements éducatifs ou médico-sociaux.

Une épidémie liée à des facteurs sociaux et sanitaires

Les causes de cette recrudescence sont multiples. La densité urbaine, la promiscuité, les difficultés d’accès aux soins et la méconnaissance de la maladie constituent les principaux leviers de propagation. Dans certains foyers précaires, le coût des traitements et des lessives nécessaires à la désinfection complète représente un obstacle.

La honte demeure également un frein. Beaucoup de personnes touchées hésitent à consulter ou à prévenir leur entourage. Pourtant, la gale n’est pas synonyme de saleté : c’est une maladie infectieuse transmissible par contact, au même titre que bien d’autres.

Des professionnels de santé mobilisés

Face à la hausse des cas, les hôpitaux et les médecins de la Somme tentent de mieux coordonner les traitements. À Amiens, le CHU a mis en place un protocole de traitement collectif pour les cas détectés dans les services hospitaliers et les maisons de retraite. Les infirmiers et aides-soignants reçoivent des formations pour reconnaître les symptômes précoces et appliquer les bonnes mesures d’hygiène.

L’ARS Hauts-de-France a publié un guide de prévention en 2024 à destination des écoles et crèches du département. Celui-ci recommande un traitement simultané de tous les cas confirmés et de leurs contacts, accompagné d’une désinfection rigoureuse du linge et des surfaces

FAQ – Nettoyage et désinfection contre la gale

Que propose SOS GALE ?

Un service spécialisé de nettoyage et de désinfection adapté aux logements et aux établissements publics.

Une visite diagnostique, la préparation des lieux, l’application des désinfectants et un suivi post-intervention.

L’évaluation, la préparation, l’application des produits, l’assainissement complet et la ventilation des espaces.

Des désinfectants homologués et efficaces contre les acariens, parfois associés à des techniques de nébulisation.

Oui, le service est conçu pour intervenir rapidement afin de limiter la propagation de l’infestation.

Elle contribue fortement à éliminer les acariens, mais doit être accompagnée d’un traitement médical approprié.

Aérer les pièces après avoir respecté un délai de 2h, respecter les consignes de nettoyage et suivre les conseils d’hygiène donnés par les techniciens.

Oui, le service est disponible dans toute la France.

Les équipes se déplacent rapidement, souvent dans les quelques heures suivant le diagnostic.

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