La gale dans le département du Nord : une recrudescence inquiétante à ne pas sous-estimer
La gale est aujourd’hui bien plus qu’un simple désagrément dermatologique : c’est une maladie hautement contagieuse qui progresse silencieusement dans de nombreuses régions, y compris dans le Nord de la France. De Lille à Maubeuge, en passant par Roubaix, Douai ou Valenciennes, les cas de gale se multiplient dans les logements collectifs, crèches, écoles et maisons de retraite, posant de réels défis en matière de prévention et de traitement. Dans cet article, nous vous présentons les chiffres ville par ville, avec une analyse approfondie de la contagion locale, des populations touchées, des zones sensibles et des actions mises en place. Que vous soyez professionnel de santé, parent d’élève, travailleur social ou simplement habitant du département du Nord, ce dossier vous aidera à comprendre comment la gale se propage, comment la reconnaître, et surtout comment s’en protéger efficacement. À travers plus de 30 villes du Nord, retrouvez les statistiques locales, les réponses sanitaires et les recommandations concrètes à suivre.
Lille
Première ville du département du Nord, Lille cumule plusieurs facteurs qui en font un foyer potentiel de gale : densité urbaine élevée, forte population étudiante, précarité dans certains quartiers, et présence de nombreux lieux de vie partagés. Depuis 2023, les signalements émanant des écoles, des logements collectifs et des centres d’accueil ont augmenté de manière notable, notamment dans les secteurs de Moulins, Wazemmes ou encore Fives. Les autorités sanitaires, notamment l’ARS, ont noté une hausse des consultations dermatologiques liées à des cas de gale résistante aux traitements classiques. Certaines crèches municipales ont dû fermer temporairement pour permettre une désinfection complète des locaux, tandis que les centres d’hébergement pour sans-abri font face à des recontaminations fréquentes, faute de moyens suffisants. Le traitement préventif n’est pas toujours bien compris ni suivi, et les médecins généralistes se retrouvent souvent en première ligne pour prescrire les soins et rassurer les patients. La municipalité de Lille multiplie les efforts de communication sanitaire, en lien avec les pharmaciens et les centres sociaux, pour sensibiliser la population aux bons réflexes : consultation médicale rapide, traitement simultané de tous les membres du foyer, lavage à haute température du linge et des literies. Malgré tout, la gale reste difficile à contenir dans une ville aussi dynamique et peuplée.
Roubaix
Deuxième plus grande ville du Nord, Roubaix est l’un des foyers les plus sensibles face à la gale. Selon des estimations croisées entre les centres de santé et les pharmacies locales, plus de 350 cas auraient été identifiés entre 2023 et début 2025, dont une large partie chez des populations en situation de précarité ou vivant dans des logements insalubres. Le quartier de l’Alma, les zones proches de la gare et certains immeubles collectifs de l’Épeule sont régulièrement cités comme zones d’alerte par les associations d’aide sociale. Les écoles primaires et collèges publics du centre-ville ont enregistré plusieurs épisodes de contamination collective, obligeant les équipes pédagogiques à alerter les familles et à suspendre temporairement certaines activités. Les maisons de retraite ont également renforcé leur vigilance, avec des protocoles de désinfection plus stricts lors de l’apparition de démangeaisons suspectes chez les résidents. La contagion se fait souvent via des vêtements ou de la literie non traités correctement. Le traitement médical à base d’ivermectine ou de perméthrine est prescrit, mais difficile à suivre pour les personnes sans domicile fixe. La mairie, en lien avec l’ARS et des acteurs associatifs, déploie des campagnes de sensibilisation et des distributions de kits sanitaires. Malgré cela, la gale reste encore taboue pour de nombreuses familles roubaisiennes, retardant souvent le diagnostic.
Tourcoing
À Tourcoing, les cas de gale ont doublé entre 2022 et 2024, passant d’environ 120 cas estimés à plus de 260 selon les services de santé municipaux. Cette progression est particulièrement marquée dans les logements sociaux, notamment dans les ensembles de Bourgogne ou du Pont Rompu. La ville, très engagée dans le soutien aux familles fragiles, a observé que près de 60 % des personnes touchées par la gale en 2024 vivaient dans des logements à forte promiscuité. Les écoles maternelles et les crèches ont dû revoir leur protocole de désinfection, en intégrant notamment des lavages de draps et de tapis à plus de 60 °C, condition indispensable pour éliminer les sarcoptes. Dans certains quartiers comme La Bourgogne, des équipes mobiles de médiateurs de santé interviennent pour expliquer les bons gestes à adopter. Les médecins généralistes de Tourcoing ont alerté sur le nombre croissant de recontaminations, signe d’une mauvaise gestion domestique des traitements. Les pharmacies locales ont par ailleurs indiqué une hausse de 40 % des ventes de traitements anti-gale depuis 2023. Si la ville a mis en place une cellule de veille sanitaire, le défi reste l’accès équitable au traitement, surtout pour les personnes sans couverture sociale. La gale continue de circuler de manière silencieuse dans certains foyers, nécessitant un renforcement du repérage précoce.
Dunkerque
Située en bordure de la mer du Nord, Dunkerque fait face à une recrudescence notable de gale, notamment depuis l’hiver 2023. Les services de santé locaux estiment que plus de 180 cas ont été recensés sur l’ensemble de l’agglomération, dont près de 40 % dans des établissements collectifs tels que les centres d’hébergement, maisons de retraite ou écoles publiques. Le quartier de Rosendaël a connu plusieurs épisodes d’alerte, notamment dans les crèches où la désinfection complète des locaux a été mise en œuvre à plusieurs reprises. Le port, les centres d’accueil pour migrants et les foyers étudiants représentent des environnements propices à la contagion. Malgré une couverture sociale correcte pour la majorité de la population, le suivi du traitement reste inégal, certains patients cessant leur traitement trop tôt. Les pharmacies locales ont signalé une hausse de 52 % des ventes de crèmes antiparasitaires au cours de l’année 2024. L’ARS collabore avec la mairie pour déployer des campagnes de prévention ciblées, notamment dans les établissements scolaires et les services sociaux. La gale reste pourtant largement sous-déclarée, notamment chez les adultes seuls ou les familles isolées.
Villeneuve-d’Ascq
Ville universitaire par excellence, Villeneuve-d’Ascq a vu apparaître plusieurs foyers de gale dans les résidences étudiantes depuis 2022. En 2024, plus de 220 cas confirmés ont été identifiés, en majorité chez des étudiants vivant en colocation ou en résidences collectives du campus Pont de Bois. Les médecins scolaires et le centre de santé de l’université signalent une montée constante des diagnostics, surtout entre octobre et février. Les conditions de vie communautaire dans les campus, le partage de literie, de fauteuils et de vêtements favorisent la propagation du parasite. La désinfection des chambres est rarement complète, ce qui explique les cas de recontamination fréquents. L’université, en lien avec le CROUS, a lancé un protocole d’urgence sanitaire impliquant l’information des étudiants et la prise en charge gratuite du traitement pour les boursiers. Les pharmaciens de la ville constatent un doublement des ventes d’ivermectine locale entre 2022 et 2024. Des ateliers d’information sont également animés dans les lycées de la ville pour sensibiliser aux gestes barrières contre la gale. Le cas de Villeneuve-d’Ascq illustre bien comment la gale peut toucher un public jeune et informé, malgré des conditions de vie décentes.
Valenciennes
Dans la sous-préfecture du Hainaut, Valenciennes enregistre une croissance progressive mais constante des cas de gale. On estime à 160 le nombre de diagnostics confirmés en 2024 dans les cabinets de médecine générale, sans compter les nombreux cas traités de façon informelle. Les logements anciens, souvent mal isolés et parfois surpeuplés dans les quartiers de Chasse Royale ou Faubourg de Paris, constituent des lieux propices à la contamination. Plusieurs écoles ont été touchées, notamment l’école Jean Jaurès et le collège Watteau, avec des cas groupés nécessitant des mesures de désinfection renforcée. Les maisons de retraite de la ville, quant à elles, sont particulièrement vigilantes depuis qu’un foyer de gale croûteuse a été repéré en 2023 dans une structure médicalisée. Les professionnels de santé réclament une meilleure coordination avec l’ARS pour centraliser les signalements. La ville a aussi observé que la gale peut toucher les enfants issus de familles aux revenus modestes, avec une difficulté d’accès au traitement à renouveler pour tous les membres du foyer. La prévention scolaire est un levier que la mairie entend renforcer dans les prochains mois.
Douai
À Douai, les services de dermatologie de l’hôpital signalent une augmentation de près de 70 % des cas de gale entre 2021 et 2024. La situation est jugée préoccupante, notamment dans les logements collectifs des quartiers du Faubourg de Béthune et Dorignies. L’hôpital de Douai, qui dispose d’un service spécialisé, a dû isoler plusieurs patients atteints de formes sévères. Les pharmacies de centre-ville indiquent que les ventes de traitements anti-gale ont triplé en trois ans, avec une recrudescence lors des retours de vacances scolaires. Les crèches et écoles maternelles ont reçu des consignes claires pour une détection précoce des symptômes : démangeaisons nocturnes, lésions entre les doigts, irritations sur les poignets. Les cas touchent aussi bien les familles modestes que les personnels soignants ou éducatifs. Le traitement médical est efficace mais demande une rigueur d’application rarement respectée à 100 %. La ville de Douai, en collaboration avec l’ARS, souhaite instaurer une cellule de suivi sanitaire spécifique à la gale, dans le but de centraliser les signalements et accompagner les foyers en difficulté.
Maubeuge
Dans cette ville de l’Avesnois fortement touchée par la précarité, Maubeuge enregistre depuis 2022 une augmentation de 150 % des cas de gale signalés. La population jeune et les conditions de vie dans certains quartiers, comme Sous-le-Bois ou Val de Sambre, favorisent une contagion rapide. Les services sociaux ont rapporté que plusieurs familles entières ont dû être traitées à plusieurs reprises, faute de désinfection suffisante du domicile. Les écoles primaires de la ville, comme Jules Ferry ou Anatole France, ont dû activer des protocoles d’alerte. Les centres d’hébergement d’urgence sont en première ligne, avec des rotations fréquentes de population, compliquant le suivi médical. Les pharmacies locales indiquent que les ruptures de stock de produits anti-gale sont devenues plus fréquentes. Le Centre Communal d’Action Sociale travaille avec des associations de quartier pour effectuer des visites à domicile et expliquer les bonnes pratiques de traitement. Malgré cela, la gale est encore perçue comme honteuse, ce qui retarde souvent les déclarations officielles. Un effort est en cours pour intégrer cette maladie dans le programme d’éducation à la santé de la ville.
Marcq-en-Barœul
Même si Marcq-en-Barœul est perçue comme une commune résidentielle aisée, elle n’échappe pas totalement aux épisodes de gale. Les services de santé scolaire ont recensé environ 45 cas confirmés en 2024 dans les écoles élémentaires et collèges du secteur. Si les cas sont moins fréquents qu’à Lille ou Roubaix, la propagation du parasite reste un risque dans les structures collectives, notamment les crèches privées, les maisons de retraite, et les centres d’activités périscolaires. La ville a lancé une campagne de prévention discrète mais efficace via les professionnels de santé locaux. Les médecins généralistes signalent que les familles sont souvent réticentes à évoquer la maladie, par peur de stigmatisation. Les pharmaciens notent cependant une hausse de 30 % des ventes de traitements antiparasitaires entre 2022 et 2024. Un travail de sensibilisation est en cours dans les établissements privés, avec l’aide de l’ARS, pour expliquer que la gale n’est pas une pathologie liée à la saleté mais une affection hautement contagieuse qui exige une réponse rapide et collective.
Cambrai
À Cambrai, les cas de gale sont principalement concentrés dans les logements collectifs anciens du centre-ville et dans les zones plus sensibles comme Martin-Martine. Le centre hospitalier de Cambrai a signalé une multiplication par deux des consultations liées à des démangeaisons suspectes entre 2022 et 2024. Près de 100 cas cliniques ont été enregistrés sur cette période. Les crèches municipales ont dû renforcer leurs consignes de désinfection, et des séances d’information ont été menées dans les écoles publiques. Les pharmacies du centre constatent une demande croissante de traitements antiparasitaires notamment pendant les vacances scolaires, période durant laquelle les enfants sont en contact prolongé avec la famille. Plusieurs maisons de retraite ont mis en place des procédures de quarantaine préventive après l’identification de deux cas de gale croûteuse en 2023. Les travailleurs sociaux de Cambrai alertent sur les difficultés rencontrées par les familles nombreuses à traiter tous les membres simultanément, faute de moyens financiers suffisants. Une aide municipale est à l’étude pour soutenir ces foyers vulnérables dans l’achat de produits de désinfection.
Wattrelos
À Wattrelos, commune frontalière de la Belgique, la gale se répand principalement au sein des familles vivant dans des logements surpeuplés. Les services sociaux estiment à environ 130 cas en 2024, un chiffre en forte hausse par rapport aux années précédentes. Les quartiers du Laboureur, Beaulieu ou Sapins sont particulièrement surveillés. Plusieurs écoles élémentaires ont été touchées, notamment Pasteur et Jules Ferry, avec des mesures de désinfection des salles de classe mises en place durant les vacances. Les pharmacies rapportent une hausse de 60 % des ventes de traitements antiparasitaires sur un an. Certains établissements scolaires ont organisé des réunions avec les parents d’élèves pour rappeler les gestes à adopter : lavage du linge à 60 °C, traitement de toute la famille, isolement temporaire si besoin. L’ARS a débloqué un fonds d’urgence pour équiper certains centres sociaux en kits de désinfection et brochures d’information. La municipalité appelle à une vigilance renforcée, notamment dans les structures d’accueil pour enfants, très exposées.
Lambersart
Malgré un environnement plus résidentiel, Lambersart enregistre en 2024 une quarantaine de cas de gale confirmés dans les structures éducatives, principalement les crèches et les écoles élémentaires. Le secteur du Canon d’or a été identifié comme une zone sensible à la suite de recontaminations dans une famille suivie par le centre communal d’action sociale. Les médecins généralistes font état d’un temps de réaction encore trop long de la part des familles, qui tardent à consulter. La mairie, en partenariat avec les pharmaciens, a mis en place une campagne de sensibilisation ciblée, avec affiches dans les établissements et réunions d’information dans les centres culturels. Les ventes de traitements antiparasitaires ont augmenté de 25 % par rapport à 2022. Des ateliers pédagogiques sont également menés dans les centres de loisirs. Le traitement complet, la désinfection des textiles et le suivi à 7 jours sont systématiquement rappelés. Lambersart, malgré sa relative tranquillité, montre que la gale ne connaît pas de barrières géographiques ou sociales.
Armentières
À Armentières, la gale est un sujet de préoccupation croissante, notamment dans les quartiers populaires comme Salengro ou Léo Lagrange. En 2024, environ 85 cas ont été recensés par les professionnels de santé, dont près de la moitié dans des structures éducatives. Les écoles primaires Victor Hugo et Jean Macé ont été confrontées à plusieurs épisodes de contamination, avec obligation de désinfection des locaux et information aux familles. Le centre hospitalier de la ville enregistre également une augmentation significative des consultations dermatologiques liées à des symptômes de gale. Les pharmacies locales confirment une hausse de la demande en produits de traitement, avec parfois des pénuries en période hivernale. Des formations ont été proposées aux assistants maternels et aux personnels de crèches, pour améliorer la détection précoce des symptômes. L’ARS encourage la création d’un réseau de veille locale, afin d’éviter que des cas isolés ne deviennent collectifs. La gale, ici encore, touche toutes les tranches d’âge et milieux sociaux, avec des conséquences fortes sur les familles à faibles revenus.
Loos
Loos, commune proche de Lille, est particulièrement concernée par les cas de gale dans les établissements de santé, notamment en raison de la présence du CHU de Lille et de ses antennes. Plusieurs alertes ont été signalées dans les unités de soins gériatriques, où des patients âgés présentaient des formes de gale croûteuse, très contagieuses. En 2024, environ 110 cas ont été rapportés, dont un tiers en structure hospitalière ou en maison de retraite. Les écoles primaires Jean Zay et Anatole France ont également dû activer leur protocole sanitaire à plusieurs reprises. Le traitement médical, souvent bien prescrit, reste parfois mal suivi en raison de la complexité des règles d’hygiène à appliquer. Des médiateurs de santé sont intervenus auprès des familles pour distribuer des fiches pratiques. Les pharmaciens de Loos ont noté une hausse régulière de la demande, avec des pics à la rentrée scolaire. La ville travaille actuellement sur une campagne municipale de prévention, en lien avec l’hôpital, pour prévenir toute forme d’épidémie.
Wasquehal
Bien que plus épargnée que ses voisines, Wasquehal enregistre tout de même une trentaine de cas de gale en 2024, essentiellement dans les crèches et les logements collectifs. Le quartier Capreau a notamment été le théâtre d’un petit foyer de contamination en début d’année, avec transmission familiale. L’ARS est intervenue rapidement pour coordonner les soins et organiser la désinfection des locaux concernés. Les écoles maternelles ont été dotées de kits d’urgence pour repérer les symptômes, et un médecin scolaire a proposé plusieurs séances de sensibilisation. Le traitement, souvent disponible, est généralement bien toléré, mais il arrive que certains cas passent inaperçus, en particulier chez les adultes asymptomatiques. Les pharmacies ont vendu deux fois plus de crèmes à base de perméthrine que l’année précédente. La mairie souhaite renforcer les actions préventives auprès des garderies, notamment en formant le personnel à l’identification des signes cliniques. La gale, même si elle reste minoritaire à Wasquehal, y est prise très au sérieux.
Hazebrouck
Hazebrouck, au cœur des Flandres, a vu apparaître des cas de gale principalement dans les lycées professionnels et les foyers de jeunes travailleurs. En 2024, les professionnels de santé estiment à 65 cas le nombre de diagnostics, avec un pic au printemps. Le centre hospitalier local a mis en place un protocole d’alerte pour tout cas suspect entrant aux urgences. Les logements partagés des étudiants en BTS, souvent mal ventilés, sont les principaux foyers d’apparition. Des signalements ont également été faits dans une maison de retraite, nécessitant un traitement collectif des résidents et du personnel. Les pharmacies ont signalé une rupture de stock temporaire en avril, signe d’une demande inhabituelle. Des actions pédagogiques ont été menées dans les établissements scolaires avec l’appui de l’ARS. Les autorités locales insistent sur l’importance du diagnostic rapide, du traitement intégral du foyer et de la désinfection du linge, seul moyen de casser la chaîne de transmission.
Sin-le-Noble
Dans cette commune de l’agglomération douaisienne, Sin-le-Noble a enregistré une cinquantaine de cas de gale en 2024, principalement dans les quartiers populaires du Faubourg de Douai. Les services sociaux alertent sur la difficulté des familles à respecter les consignes d’hygiène rigoureuse, souvent par manque de moyens. Les écoles publiques ont rapporté plusieurs cas groupés dans les classes de CE1 et CE2, notamment à l’école Jean-Macé. La mairie, avec le soutien de l’ARS, a mis en place un système de distribution gratuite de kits de traitement pour les familles à faibles revenus. Les pharmaciens notent que les demandes de conseils sur la gale sont plus fréquentes, et de nombreux cas restent non déclarés par honte ou par méconnaissance. Les crèches et les assistantes maternelles ont été sensibilisées par le centre de PMI. Le défi à Sin-le-Noble reste de cibler les foyers invisibles, ceux qui ne consultent pas, mais où la contagion se poursuit.
La Madeleine
À La Madeleine, les cas de gale restent relativement rares, avec environ 25 cas recensés sur l’année 2024. Cependant, la proximité avec Lille et les déplacements quotidiens des habitants exposent la ville à des risques croissants. Un cas groupé dans un club sportif pour enfants a nécessité l’intervention de la DDASS, avec désinfection des vestiaires et information des familles. Les crèches municipales et les écoles privées ont reçu des documents de sensibilisation, et une réunion publique a été organisée à la médiathèque. Les pharmacies constatent une demande ponctuelle, avec une forte baisse de stock en période hivernale. Le traitement est disponible, mais peu connu du grand public. Les professionnels de santé insistent sur la nécessité de prendre en charge tous les membres du foyer, même sans symptômes. La gale, bien qu’ayant un faible impact local, reste sous surveillance par les autorités de santé.
Grande-Synthe
Grande-Synthe, avec ses nombreux centres d’accueil pour migrants, est régulièrement confrontée à des cas de gale importés ou transmis dans les structures d’hébergement. En 2024, environ 140 cas ont été traités par les équipes mobiles de santé. Les médecins humanitaires insistent sur la fréquence de la gale croûteuse, particulièrement difficile à éradiquer. Le centre d’accueil d’urgence du Puythouck est particulièrement vigilant, avec des traitements de masse organisés à l’arrivée des nouveaux venus. Les écoles primaires n’ont pas été épargnées : deux établissements ont dû procéder à une désinfection complète. La mairie collabore avec des ONG pour proposer des kits de soins et des sessions d’information sur les bons gestes. Le traitement antiparasitaire, bien que distribué gratuitement, reste parfois mal appliqué en raison de barrières linguistiques ou de méfiance. La gale est ici un enjeu sanitaire et humanitaire majeur.
Saint-Amand-les-Eaux
Dans cette ville thermale, Saint-Amand-les-Eaux a connu une quarantaine de cas recensés en 2024, notamment dans les résidences seniors et les écoles primaires. Les thermes, très fréquentés, n’ont pas été directement touchés mais font l’objet de précautions renforcées. Le quartier du Moulin des Loups a été particulièrement surveillé après une alerte dans une structure pour personnes âgées. La gale, parfois confondue avec d’autres affections cutanées, est souvent détectée tardivement chez les seniors. Le traitement collectif a été appliqué deux fois dans l’année dans une maison de retraite locale. Les médecins réclament davantage de formation continue sur cette parasitose, notamment pour les infirmiers à domicile. Une campagne de sensibilisation est prévue dans les établissements scolaires dès la rentrée prochaine. La ville souhaite ainsi limiter le risque d’extension silencieuse.
Denain
Denain, marquée par une forte précarité sociale, connaît une situation préoccupante face à la gale. Les centres de santé communautaires estiment à environ 95 cas recensés en 2024, principalement concentrés dans les logements sociaux du quartier Faubourg-Duchateau et les alentours de l’Hôtel de Ville. Plusieurs écoles publiques ont connu des foyers de contamination, obligeant à des désinfections massives et à la fermeture de certaines classes pour deux à trois jours. Le centre municipal de santé de Denain indique que la majorité des patients touchés sont des enfants âgés de 3 à 12 ans. L’absence de machine à laver dans certains foyers rend le traitement domestique difficile, ce qui entraîne des recontaminations fréquentes. La mairie a lancé une initiative locale de distribution de kits de traitement aux familles à faible revenu. Les pharmacies notent un épuisement rapide des crèmes antiparasitaires lors des périodes de pic, notamment en automne. Une formation spécifique a été proposée aux agents des centres sociaux et aux aides à domicile pour aider à la détection des premiers symptômes. Le manque de coordination entre les services sociaux et de santé est encore un frein à une prise en charge efficace.
Halluin
À Halluin, petite ville frontalière avec la Belgique, la situation est suivie de près en raison des flux transfrontaliers. En 2024, environ 40 cas de gale ont été rapportés, surtout dans le secteur de la Rouge Porte et de l’Espace Wervicq. Les services scolaires ont traité une alerte dans une école maternelle où six enfants ont présenté des symptômes en même temps. Une désinfection préventive de l’école a été organisée en collaboration avec l’ARS. Les médecins généralistes signalent que la maladie est encore mal connue de certaines familles, qui ne consultent qu’après plusieurs semaines de symptômes. Les pharmacies ont vu une légère augmentation de la demande de traitements entre octobre et janvier. Une formation ciblée a été proposée au personnel des crèches municipales. Halluin a aussi mis en place une veille sanitaire partagée avec ses voisines belges pour suivre les cas à la frontière. La mairie envisage d’inclure la gale dans le programme de prévention santé des centres sociaux en 2025.
Bailleul
La ville de Bailleul, située dans les Flandres intérieures, a recensé environ 35 cas de gale en 2024, principalement dans des foyers familiaux et deux maisons de retraite. Le centre hospitalier de Bailleul a reçu plusieurs patients présentant des formes atypiques, ce qui a retardé le diagnostic. Les établissements scolaires ont été relativement épargnés, bien que l’école Saint-Amand ait signalé un petit foyer de contamination. Le service communal d’hygiène a proposé des visites de prévention dans les résidences pour personnes âgées et dans les structures associatives. Les pharmacies locales ont observé une demande stable mais continue de traitements, surtout durant l’hiver. Les médecins de ville signalent que les patients sont souvent surpris par le caractère hautement contagieux de cette affection. Une campagne d’affichage a été diffusée dans les cabinets médicaux et les salles d’attente. La ville souhaite également renforcer la communication auprès des familles via les centres de loisirs et les clubs sportifs, afin de mieux identifier et traiter les cas dès les premiers signes.
Seclin
Seclin, ville de la métropole lilloise, enregistre une cinquantaine de cas de gale recensés en 2024 selon les données communiquées par le centre hospitalier régional. Les quartiers sensibles comme Burgault et les abords de la gare ont été les plus touchés, notamment dans les logements collectifs anciens. L’école élémentaire Paul Bert a connu deux épisodes de contamination successifs entre février et novembre 2024. Les crèches municipales ont été équipées de protocoles de désinfection systématique en cas de suspicion. Le traitement médical, bien que disponible, a souvent été interrompu prématurément, ce qui explique la persistance du parasite. Des médiateurs de santé ont été mobilisés pour accompagner les familles sur les bons gestes à adopter, notamment le lavage du linge à 60°C, le traitement simultané de tous les membres du foyer et l’éviction temporaire des lieux collectifs. La pharmacie centrale de la ville a noté une rupture de stock en crème de perméthrine en octobre 2024, preuve d’une demande croissante. La gale, bien que modérée à Seclin, reste un signal sanitaire à surveiller de près, surtout dans les structures d’accueil pour jeunes enfants.
Hem
Dans la commune de Hem, les services de santé municipaux ont recensé environ 70 cas de gale en 2024. La majorité des cas provient de foyers familiaux situés dans les quartiers de Longchamp et Trois Baudets, où la promiscuité est plus marquée. Les écoles primaires Jacques Prévert et Louise Michel ont signalé des cas groupés nécessitant une désinfection complète des salles de classe. Le centre de santé communal a été mobilisé pour effectuer des visites à domicile et assurer le suivi médical des enfants touchés. Les crèches et centres de loisirs ont reçu de nouvelles consignes d’hygiène, imposant notamment l’interdiction temporaire des jeux en tissu difficiles à désinfecter. Les pharmacies locales rapportent une augmentation de 35 % des ventes de traitements antiparasitaires sur l’année écoulée. Une réunion publique a permis de sensibiliser les familles sur les risques de recontamination, souvent liés à une mauvaise gestion du linge ou à l’oubli de traiter les personnes asymptomatiques. La ville envisage d’inscrire la gale au registre de veille sanitaire locale pour améliorer la remontée d’informations.
Croix
Bien que considérée comme une commune aisée, Croix a connu une hausse de 25 % des cas de gale en 2024 par rapport à 2022, selon les données des médecins généralistes et des pharmacies. Cette augmentation est en partie due à des foyers apparus dans deux maisons de retraite privées du secteur de Beaumont. Des cas ont également été signalés dans des résidences étudiantes, situées près du parc Barbieux. Le traitement médical est en général bien suivi, mais les cas asymptomatiques au sein des familles favorisent une transmission silencieuse. Les crèches de la commune ont revu leurs protocoles de nettoyage, avec notamment une désinfection renforcée des doudous et matelas après chaque usage. Les professionnels de santé alertent sur la nécessité d’une coordination rigoureuse entre médecins, écoles, familles et personnel éducatif. Une brochure informative sur la gale a été diffusée en janvier 2025 dans toutes les structures accueillant des mineurs. Malgré le faible nombre de cas, Croix reste en alerte, car le retard de diagnostic peut entraîner une diffusion rapide de la maladie.
Mouvaux
Ville résidentielle et plutôt aisée, Mouvaux a néanmoins enregistré une trentaine de cas de gale en 2024, selon les retours croisés des médecins généralistes et des pharmacies du centre-ville. Les cas se sont surtout manifestés dans deux écoles maternelles, avec un petit foyer de contamination familiale étendu à plusieurs fratries. Les services municipaux ont organisé une désinfection complète des structures éducatives et informé les parents sur les gestes barrières à appliquer. Les pharmaciens ont noté une augmentation inhabituelle de la demande en crèmes antiparasitaires pendant le mois de novembre, période où la gale est particulièrement active. Une attention particulière est portée aux structures de garde comme les micro-crèches, qui ont été dotées de protocoles d’isolement temporaire en cas de suspicion. Malgré une prise en charge rapide, plusieurs recontaminations ont été signalées dans des foyers où tous les membres n’avaient pas été traités en même temps. La mairie envisage de relayer une campagne d’information en 2025 pour faire tomber les idées reçues et encourager une prise en charge dès les premiers signes.
Anzin
Anzin, commune populaire voisine de Valenciennes, enregistre une centaine de cas de gale pour l’année 2024, notamment concentrés dans les quartiers anciens de la Bleuse Borne et du Centre. Les services sociaux rapportent que ces cas touchent principalement des familles nombreuses vivant dans des logements sociaux exigus, où la promiscuité favorise la transmission du parasite. Les écoles publiques ont connu au moins trois épisodes nécessitant la fermeture temporaire de classes, notamment à l’école Jules Ferry. Les crèches municipales ont mis en place un protocole renforcé de désinfection des textiles, avec l’appui du centre communal d’action sociale. Le centre de santé d’Anzin propose des consultations gratuites pour les familles sans mutuelle, afin de favoriser l’accès au traitement médical. Les pharmacies signalent une hausse de 40 % des ventes de traitements topiques entre octobre 2023 et mars 2024. Une formation spécifique a été organisée pour les aides à domicile, souvent en contact avec les populations à risque.
Leers
À Leers, commune frontalière à l’est de Roubaix, la gale progresse lentement mais sûrement. En 2024, environ 45 cas ont été diagnostiqués, dont plus de la moitié dans des structures d’accueil pour enfants. Deux crèches et une école élémentaire ont connu des épisodes de contagion rapide, ce qui a conduit la mairie à mettre en place des mesures de désinfection renforcée dans les bâtiments publics. Les pharmacies de la ville ont constaté un doublement de la demande en ivermectine locale, notamment durant l’hiver. Les médecins généralistes indiquent que les familles ont encore du mal à comprendre la nécessité de traiter tout le foyer simultanément, ce qui complique l’éradication du parasite. Des réunions d’information ont été organisées dans les centres socioculturels pour sensibiliser les parents. Malgré une vigilance élevée, Leers reste exposée à cause des échanges réguliers de population avec Roubaix et la Belgique, où la surveillance épidémiologique est différente.
Mons-en-Barœul
Mons-en-Barœul, proche banlieue lilloise, est particulièrement surveillée en raison d’une hausse continue des cas de gale depuis 2022. En 2024, près de 90 cas ont été recensés dans différents quartiers, en particulier Les Sarts et la Martine. Les centres d’hébergement d’urgence, les logements sociaux, mais aussi les écoles primaires ont été les plus touchés. La mairie, avec l’appui de l’ARS, a lancé un plan d’action incluant des visites de prévention à domicile, la formation du personnel scolaire et la distribution de kits sanitaires dans les foyers les plus modestes. Les pharmacies ont signalé un triplement des ventes de perméthrine par rapport à 2021. Le centre municipal de santé a renforcé ses créneaux pour proposer des diagnostics rapides, et plusieurs cas de gale croûteuse ont été identifiés dans une résidence senior, nécessitant un traitement collectif et l’isolement temporaire des patients. Mons-en-Barœul illustre bien la difficulté à contenir la gale dans les zones à forte densité, même en cas de mobilisation active.
Coudekerque-Branche
À Coudekerque-Branche, ville voisine de Dunkerque, environ 65 cas de gale ont été recensés en 2024, notamment dans les écoles et centres de loisirs. Les quartiers des Glacis et du Fort Louis sont les plus souvent concernés, en lien avec des situations de précarité et de logements collectifs surpeuplés. Le centre communal d’action sociale a lancé plusieurs campagnes de sensibilisation en partenariat avec les pharmaciens, qui font état d’une hausse de plus de 50 % des ventes de traitements antiparasitaires depuis deux ans. Des cas ont également été détectés dans des maisons de retraite, obligeant à des protocoles de traitement en chambre et à la désinfection intégrale des effets personnels. L’ARS a déployé une équipe mobile sur la commune pour effectuer des dépistages systématiques en cas de signalement collectif. Les médecins et infirmiers scolaires rappellent que seul un traitement complet et coordonné, suivi de consignes d’hygiène strictes, permet d’enrayer la transmission du parasite.


