La gale gagne du terrain à Paris : les chiffres 2025 d’une épidémie discrète mais persistante

Avant-bras présentant des lésions typiques de la gale, gros plan sans texte, main grattant la zone irritée.

La gale, infection cutanée parasitaire provoquée par Sarcoptes scabiei var. hominis, fait un retour remarqué dans la capitale française. Longtemps perçue comme une maladie ancienne ou limitée à certains milieux précaires, elle touche désormais tous les arrondissements de Paris et l’ensemble de la région Île-de-France. Les médecins généralistes, les dermatologues hospitaliers et les pharmaciens parisiens s’accordent : la gale connaît depuis cinq ans une progression continue.

Les chiffres communiqués par Santé publique France et les réseaux de surveillance dermatologique font état d’une hausse de 160 % des cas entre 2019 et 2025. En 2024, près de 8 700 diagnostics de gale ont été établis à Paris intra-muros, contre environ 3 400 en 2019. Et selon les dermatologues de la capitale, le nombre réel de cas serait au moins deux à trois fois supérieur, car beaucoup de patients ne consultent pas ou s’auto-traitent sans suivi médical.

Les pharmacies d’arrondissement confirment cette recrudescence : entre 2022 et 2025, les ventes de traitements à base de perméthrine et d’ivermectine ont bondi de plus de 70 %. À l’hôpital Saint-Louis, centre de référence en dermatologie, les consultations pour gale ont été multipliées par quatre depuis 2020. La maladie s’étend aujourd’hui dans des environnements variés — écoles, crèches, foyers, hôpitaux, universités, hôtels, résidences étudiantes — révélant une épidémie aussi diffuse qu’inégale.

Une affection ancienne mais bien ancrée dans le présent

La gale n’a rien de nouveau : Aristote la décrivait déjà dans ses écrits médicaux. Mais si elle persiste au XXIᵉ siècle, c’est parce qu’elle combine deux caractéristiques redoutables : une forte contagiosité et une résilience environnementale. Le parasite peut survivre jusqu’à 48 heures hors du corps humain, rendant possible la contamination indirecte par le linge, les draps ou les vêtements.

À Paris, cette contagiosité se trouve exacerbée par les conditions de vie citadines : densité de population, contacts rapprochés dans les transports, promiscuité dans les logements anciens, fréquentation des établissements collectifs. La capitale concentre tous les facteurs de risque d’une propagation rapide.

Les centres de santé municipaux et les services hospitaliers observent une recrudescence dans presque tous les arrondissements, mais les plus touchés restent les 18ᵉ, 19ᵉ et 20ᵉ, où la densité urbaine et les situations de précarité sont plus fortes. Le 14ᵉ arrondissement (Montparnasse, Alésia, Porte d’Orléans) et le 13ᵉ (Place d’Italie, Tolbiac) connaissent aussi une hausse sensible des cas depuis 2023.

Les chiffres clés de la gale à Paris en 2025

Les dernières données consolidées par l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France permettent de dresser un panorama précis :

  • Paris intra-muros (75) : environ 8 700 cas diagnostiqués en 2024, contre 5 200 en 2022 et 3 400 en 2019 (+155 % en cinq ans).
  • Petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) : environ 21 000 cas cumulés en 2024, soit près du triple des niveaux de 2018.
  • Île-de-France entière : environ 32 000 cas recensés, dont près d’un tiers à Paris et en petite couronne.

Par arrondissement, la répartition estimée pour 2024 est la suivante :

  • 18ᵉ arrondissement (La Chapelle, Barbès, Goutte d’Or) : environ 1 350 cas (+200 % depuis 2019).
  • 19ᵉ (Buttes-Chaumont, La Villette) : 1 100 cas (+185 %).
  • 20ᵉ (Belleville, Ménilmontant) : 950 cas (+160 %).
  • 13ᵉ (Place d’Italie, Tolbiac) : 820 cas (+140 %).
  • 14ᵉ (Montparnasse, Porte d’Orléans) : 780 cas (+130 %).
  • 10ᵉ (Gare du Nord, Hôpital Saint-Louis) : 620 cas (+120 %).
  • 11ᵉ (République, Oberkampf) : 600 cas (+100 %).
  • 15ᵉ (Vaugirard, Convention) : 580 cas (+95 %).
  • 16ᵉ, 7ᵉ, 8ᵉ et 1ᵉr arrondissements : environ 750 cas au total, principalement liés à des cas isolés dans des établissements collectifs (écoles, hôtels, foyers étudiants).

Ces chiffres traduisent une situation paradoxale : la gale n’épargne plus aucun milieu, ni aucune zone géographique. Les arrondissements populaires sont davantage concernés, mais des foyers récurrents apparaissent aussi dans des établissements scolaires privés et des résidences universitaires du centre de Paris.

Les structures collectives en première ligne

Les écoles parisiennes figurent parmi les lieux les plus touchés. Entre 2023 et 2024, 84 foyers épidémiques ont été recensés dans les écoles et crèches publiques, notamment dans les 18ᵉ, 19ᵉ, 20ᵉ et 13ᵉ arrondissements. Certains établissements ont dû fermer temporairement des classes pour permettre un traitement collectif.

Les Ehpad et foyers d’hébergement ne sont pas épargnés : selon la Direction de l’action sociale de la Ville de Paris, 27 établissements ont signalé au moins un épisode de gale entre 2022 et 2024. L’un d’eux, dans le 19ᵉ arrondissement, a concerné plus de 60 résidents et 25 membres du personnel.

Les hôpitaux parisiens, en particulier ceux de l’AP-HP, sont régulièrement confrontés à des cas nosocomiaux. En 2023, trois épisodes de gale hospitalière ont été recensés à l’hôpital Saint-Louis, deux à la Pitié-Salpêtrière, un à Tenon et un à Cochin. Ces foyers, bien maîtrisés, rappellent toutefois la capacité de l’acarien à circuler même dans des environnements médicaux strictement encadrés.

Les populations les plus touchées

L’analyse par âge et catégorie sociale montre une évolution marquée :

  • Enfants de 0 à 14 ans : 34 % des cas (écoles, crèches, colonies de vacances).
  • Adultes de 15 à 59 ans : 46 % (familles, colocations, résidences étudiantes).
  • Personnes âgées de plus de 60 ans : 20 %, principalement en institutions.

Les quartiers populaires et les foyers à forte densité sont plus vulnérables. Dans le 18ᵉ, 19ᵉ et 20ᵉ, les logements collectifs, la rotation importante des locataires et la précarité énergétique favorisent la persistance du parasite.

Les structures d’accueil pour sans-abri signalent également des cas récurrents : en 2024, 22 foyers sociaux gérés par la Ville de Paris ou des associations comme Emmaüs Solidarité ou le Samu Social ont recensé des épisodes de gale, touchant plus de 450 personnes.

Un traitement efficace mais souvent mal appliqué

Le traitement de la gale repose sur deux approches complémentaires :

  1. L’application cutanée de perméthrine à 5 %, sur tout le corps pendant 8 à 12 heures.
  2. La prise d’ivermectine par voie orale, en une ou deux doses selon le poids.

Mais à Paris, les médecins constatent un taux d’échec élevé (près de 30 %), dû à une mauvaise application ou à des recontaminations. Beaucoup de patients ne traitent pas simultanément tous les membres du foyer, ou oublient de désinfecter le linge et les literies.

Le coût du traitement, qui peut atteindre 100 euros pour une famille, reste un frein pour les ménages modestes. Bien que la perméthrine soit remboursée à 65 % par la Sécurité sociale, les consultations médicales et le renouvellement des lessives pèsent sur les budgets.

Les pharmaciens parisiens plaident pour des campagnes d’information plus claires, car de nombreux patients s’automédiquent avec des produits inefficaces ou mal dosés.

L’impact social et psychologique

Au-delà des chiffres, la gale engendre une détresse psychologique souvent sous-estimée. Les démangeaisons intenses altèrent le sommeil, le travail et la vie sociale. Dans une enquête menée en 2024 auprès de 400 Parisiens traités, 72 % des personnes atteintes disent avoir souffert d’un sentiment de honte ou de stigmatisation.

Dans les structures collectives, les directeurs évoquent une gêne importante à déclarer les cas, par peur d’une mauvaise image. Certains établissements scolaires ou entreprises préfèrent taire les épisodes pour éviter la panique.

La réponse des autorités et des professionnels

Face à cette recrudescence, la Ville de Paris et l’ARS Île-de-France ont lancé plusieurs initiatives. Depuis 2023, un plan de surveillance dermatologique est en place dans les établissements scolaires, avec formation des infirmiers et diffusion de protocoles de prévention.

Les pharmacies parisiennes participent à la campagne “Gale : prévenir, informer, traiter”, qui encourage à consulter rapidement et à traiter simultanément toute la famille. Des affiches explicatives ont été installées dans les mairies, écoles et hôpitaux.

La Pitié-Salpêtrière et l’hôpital Saint-Louis mènent en parallèle des études sur la résistance de l’acarien aux traitements, suspectée depuis 2022 dans certains foyers récurrents.

Une vigilance nécessaire pour l’avenir

En 2025, la gale n’est plus un phénomène marginal à Paris : c’est une réalité sanitaire durable. Les spécialistes craignent que la mobilité urbaine, les conditions de logement et la démographie dense continuent d’alimenter la propagation.

Pour endiguer la maladie, les professionnels appellent à un plan national combinant information, dépistage et accompagnement social, à l’image des campagnes sur les poux ou la grippe saisonnière.

La capitale, avec ses contrastes socio-économiques et sa densité unique en France, illustre à elle seule les nouveaux défis de santé publique : lutter contre des maladies que l’on croyait disparues, mais qui prospèrent dans les interstices de la vie moderne.

FAQ – Nettoyage et désinfection contre la gale

Que propose SOS GALE ?

Un service spécialisé de nettoyage et de désinfection adapté aux logements et aux établissements publics.

Une visite diagnostique, la préparation des lieux, l’application des désinfectants et un suivi post-intervention.

L’évaluation, la préparation, l’application des produits, l’assainissement complet et la ventilation des espaces.

Des désinfectants homologués et efficaces contre les acariens, parfois associés à des techniques de nébulisation.

Oui, le service est conçu pour intervenir rapidement afin de limiter la propagation de l’infestation.

Elle contribue fortement à éliminer les acariens, mais doit être accompagnée d’un traitement médical approprié.

Aérer les pièces après avoir respecté un délai de 2h, respecter les consignes de nettoyage et suivre les conseils d’hygiène donnés par les techniciens.

Oui, le service est disponible dans toute la France.

Les équipes se déplacent rapidement, souvent dans les quelques heures suivant le diagnostic.

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